L'économie de la vie, 17 juin 2020, Jacques Attali

(No English translation)

"Après une enquête planétaire, auprès des meilleures sources, souvent confidentielles, j'ai découvert bien des choses sur les causes et les conséquences de cette pandémie" J.A.

https://www.fayard.fr/documents-temoignages/leconomie-de-la-vie-

Extrait p. 143 : 

« Surveillance et confiance (…)

Les États et des compagnies privées mettront en place des moyens de plus en plus efficaces de surveillance de l’état de santé de chacun. Pour prévenir et contenir les épidémies. La surveillance a toujours été au cœur du pouvoir. La surveillance digitale de l’état de santé de chacun peut être un outil de dictature ou de liberté.

Si les données sont conservées par un pouvoir, elles peuvent être un puissant outil d’aliénation et de censure ; cela conduira aussi, comme on l’a vu avec la gestion chinoise de la pandémie, à de tragiques erreurs : comme l’ont montré tous les totalitarismes, la surveillance, mise au service de la censure, rend plus difficile la connaissance de ce qui se passe dans le pays, renforce les courses de leurs erreurs, et accélère leur chute. 

Si au contraire chacun se surveille librement et décide de ce qu’il fait des données qu’il collecte, la surveillance devient un outil de liberté et de confiance : si je sais ce que je risque, et si je comprends en quoi je peux nuire à moi-même et aux autres, alors je peux prendre les bonnes décisions et permettre aux autres d’en faire autant ».

 


 

La Chine communiste est-elle devenue une puissance dangereuse du temps de paix ? Christian Harbulot, mai 2020

(No English translation)

Un rapport audacieux et engagé de l’Ecole de Guerre Économique de ce mois de mai 2020 à découvrirgratuitement sur

https://migration.ege.fr/download/Chinepuissancedangereuse.pdf

Extrait p. 15 : 

« Li Wenliang, ophtalmologue de formation et exerçant à l’Hôpital central de Wuhan a ému l’ensemble de la planète et est devenu une icône en matière de liberté d’expression face au gouvernement chinois. Il a été l’un des premiers lanceurs d’alerte concernant l’apparition du virus à Wuhan et symbole de la répression chinoise à l’encontre de ses populations. Retour sur cet être d’exception, dont le courage pour alerter sur la réalité de la situation à Wuhan lui aura coûté la vie :

Le 30 décembre 2019, le docteur Wenliang informe certains de ses collègues sur WeChat de l’apparition d’une possible épidémie à Wuhan après la mise en quarantaine de sept personnes dans l’hôpital où il exerce, dont les symptômes étaient proches de ceux du SRAS.

Convoqué dans la nuit de 30 au 31 décembre par les autorités sanitaires de Wuhan après la mise en circulation de captures d’écran de sa conversation, il sera également convoqué par la police le 3 janvier. Celle-ci « l’accuse d’avoir « répandu des rumeurs en ligne » et « perturbé gravement l’ordre social » ». Il se voit alors contraint de signer « une déclaration dans laquelle il reconnaît son « délit » et promet « de ne plus commettre d’actes illégaux ». Le docteur Wenliang reprendra ensuite le travail, mais sera infecté autour du 10 janvier par le Covid-19, semble-t-il après avoir traité un patient dont il ne connaissait pas l’infection.

Sans doute las des mensonges du gouvernement, celui-ci accorde le 31 janvier et le 1er février une interview au New York Times depuis son lit d’hôpital via WeChat. Il déclarera notamment que « si les autorités avaient divulgué plus tôt les informations concernant l’épidémie (...) cela aurait été beaucoup mieux » et ajoutera s’être senti « lésé » par les accusations de la police mais qu’il n’avait d’autre choix que de « l’accepter ». Il décède des suites de son infection le 7 février ; aussitôt, une vague de colère inonde en quelques heures les réseaux sociaux. De nombreuses vidéo de la chanson Les Misérables « Do you hear the people sing » apparaissent bientôt de toute part, souvent accompagnées de l’article 35 de la Constitution chinoise garantissant la liberté d’expression ».